>> PRPI projets innovants >> Témoignages >> Valoriser l’AOC en bordure de l’appellation Rocamadour - janvier 2008
Valoriser l’AOC en bordure de l’appellation Rocamadour - janvier 2008
Après une première expérience en production caprine économiquement satisfaisante mais à l’environnement déplorable en région Champenoise, Marie-Ange et Benoît partent à la recherche d’un site plus favorable. Ils s’installent en production caprine dans une zone touristique sur une petite structure de 5 hectares de SAU et 7 hectares de parcours. Ils produisent actuellement des fromages de Rocamadour qu’ils commercialisent à la ferme, sur les marchés, à la coopérative et par un réseau commercial.

 

-  Pourquoi et comment avez-vous mis en place ce projet ?
Notre volonté de rester en production caprine, notre obstination à rechercher un site favorable, un brin de chance et le soutien du Syndicat Rocamadour nous ont permis de dénicher cette petite exploitation en bordure de la zone d’appellation pour nous y installer en février 2001. Les capitaux épargnés lors de notre première expérience nous ont apporté l’autofinancement nécessaire pour acquérir cette petite exploitation et poursuivre ainsi notre installation. Un objectif de production modeste : 40 000 litres de lait produits par 50 chèvres, une bonne valorisation de produit assuré en partie grâce à des circuits commerciaux déjà existants en Champagne, l’opportunité d’être situé en zone d’appellation, au cœur d’une zone touristique venant renforcer une consommation traditionnelle locale sont autant d‘éléments qui ont consolidé notre installation.

-  Comment se situe votre exploitation sur le marché, dans votre territoire ?
Notre situation en zone d’appellation « Rocamadour » nous a permis de nous focaliser sur une clientèle locale en privilégiant la qualité des produits. Nous avons pu réduire le nombre de marchés, passant de neuf à deux, nous y écoulons actuellement près de 60 % de notre production. Environ 20% de la production est vendu à la ferme auprès d’une clientèle locale ou de passage, la ferme bénéficiant d’un environnement très agréable en bordure d’un ruisseau avec un moulin remis en état de marche, un paysage de causses... Les 20% restant sont livrés dans un circuit organisé travaillant avec des produits labellisés. Cette clientèle locale nous a également permis de diversifier notre activité avec la création d’un petit atelier de vente directe de viande ovine.

-  Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait construire un projet similaire ?
D’abord fixer des objectifs raisonnables et s’y tenir : au départ, nous produisions 40 000 litres avec 50 chèvres. Nous avons amélioré la productivité et désormais nous produisons le même litrage mais avec 40 chèvres. Nous pouvons ainsi maintenir un produit d’une qualité irréprochable. Notre autre force a été de pouvoir limiter au strict minimum les investissements en matériel agricole, les sur-équipements pénalisent souvent les exploitations. Enfin, mais c’est aussi notre part de chance, nous avons su valoriser un site et une situation très favorables : un cadre exceptionnel dans un environnement naturel favorable... et une production adaptée à cet environnement !