Il s’agit d’une exploitation située dans le Ségala lotois, à 800 mètres d’altitude.
Le parcellaire est relativement bien groupé mais les contraintes sont assez importantes : pentes et morcellement.
L’éleveur a exclu toute culture céréalière et cherche à labourer lr moins souvent possible.
Il n’y a donc que de l’herbe : des prairies naturelles et des prairies temporaires de longue durée.
Les résultats de ce système de production laitière à l’herbe sont très bons au plan technique : Il n’y a pas de marge de progrès sur le chargement, ni sur la consommation de concentrés des vaches laitières.
A noter que cet élevage produit aussi des génisses à viande : Celles nées sur l’exploitation, qui pratique le croisement et celles achetées à 6-8 mois en quantité variable. Ces achats sont fonction des stocks fourragers, ils sont de l’ordre de 15 velles par an.
La marge animale par Eq.V.L. réalisées par l’exploitation de Mr Gaubert est inférieure à celle qui est constatée dans les exploitations laitières spécialisées de la région qui sont en réseaux de références.
Mais chez lui, tous les Eq.V.L. ne sont pas des Eq.V.L. laitiéres (production de génisses à viande)
Comme d’autre part, le chargement de son exploitation est supérieur à la moyenne, Mr Gaubert se retrouve avec une marge par Ha. aussi bonne que celle des laitiers spécialisés de la zone, qui eux cultivent du maïs ensilage.
C’est une exploitation que l’on peut qualifier de performante, tant au plan économique qu ?au plan technique.
Le planning d’utilisation des surfaces est assez complexe.
On notera :
- La fréquence des passages
- La multiplicité des modes d ?utilisation, parfois pour une même parcelle : foin, enrubannage, ensilage classique, pâture V.L. pâture génisses.
et, malgré cette complexité, le maintien d’un volume d’herbe d’avance quasi constant, de l’ordre de 200 M3 /U.G.B.
Si cela fonctionne c’est parce que l’éleveur à des repères : (hauteur d’herbe, lait du tank) et aussi parce qu’il s’est doté de moyens de régulation.
On a regroupé ceux ci en 3 catégories :
les régulations inter annuelles par l’achat de génisses en quantités ajustées aux surplus disponibles.
les régulations de campagne
et les régulations tactiques
Les régulations à l’intérieur d’une campagne fourragère :
d’abord les surplus de pâturage sont récoltés en foin ou en ensilage,
ensuite, le circuit de pâturage des vaches laitières intègre différentes régulations. La première, c’est de commencer systématiquement son circuit de pâturage par des parcelles qui ne peuvent être que pâturées. Cela peut paraître idiot à préciser, mais c’est loin d’être toujours le cas.
Si ces parcelles qui ne peuvent être que pâturées parce qu’elles sont bien souvent très pentues n’étaient pas placées en tout début de circuit de pâturage, on s’interdit après toute régulation par fauche s’il y a des surplus. S’il y a des surplus, on doit les trouver sur des parcelles à double fin. A ce moment-là, on peut réguler par la création de stock,
enfin, des régulations tactiques à l’intérieur de la campagne.
Une première régulation vient du fait que l’affectation des parcelles n’est pas rigide : il y a des parcelles destinées aux vaches laitières et d’autres aux génisses. En mode de tri, les animaux à plus forts besoins passent sur les parcelles les meilleures et surtout au moment où l’herbe est au stade optimum et dès que ce stade est un peu dépassé, les vaches laitières sortent de la parcelle qui est terminée par les génisses à moins forts besoins.
Ensuite, ces régulations, cette souplesse est aussi permise par le type de couvert végétal de l’exploitation puisqu’on est sur des mélanges Ray-grass anglais - Dactyle qui sont plus souples d’utilisation que, par exemple, des Ray-grass italiens.
Enfin, une des clés du succès de la gestion du pâturage et du système fourrager dans cette exploitation, c’est la mise à l’herbe très précoce puisque l’éleveur sort lorsque l’herbe est environ à 10-12 cm. Pour beaucoup d’éleveurs, à ce stade, visuellement, il n’y aurait pas d’herbe à pâturer.
Pour faire des bonnes transitions, il sort avant qu’il y ait de l’herbe. Plus tôt on intervient sur les premiers passages avant d’être débordé par l ?herbe, plus on se donne les moyens de réguler sur les deuxièmes passages.
Pour reprendre le mot-clé dans cette exploitation, une exploitation herbagère performante techniquement, performante économiquement, avec un système fourrager poussé à son maximum, mais qui ne réussit parce que l’éleveur a mis en place tout un système de régulations. Ce qui lui donne les moyens de s’adapter à ce qu’on appelle les impondérables dans d’autres exploitations.