Redonner vie à une exploitation en se spécialisant dans la semence végétale - juin 2006
Pouvoir concilier vie de famille, vie professionnelle, au travers d’une activité de semences potagères et de la production d’asperges vertes primeurs, c’est la réussite d’Agnès. Pour cela, elle mobilise deux hectares sur 20 hectares de l’exploitation agricole de ses beaux parents, situés principalement en zone de coteaux à vocation élevage.
Pourquoi et comment avez vous mis en place ce projet ?
D’origine agricole d’ un département voisin, Agnès a toujours eu la volonté d’une réalisation professionnelle dans ce milieu. Titulaire d’un BTS en productions de semences, riche d’expériences diverses dans la sélection de semence florale et potagère, elle décide de redonner vie à l’exploitation de sa belle famille. La disponibilité de ce site lui permet de conjuguer ses affinités professionnelles avec une vie de famille plus épanouie.

En l’état, le site d’exploitation offrait des conditions intéressantes de création grâce à quelques aménagements :
. la reconversion de l’ancienne porcherie (désaffectée depuis de nombreuses années) en maison d’habitation ;
. la capacité de stockage de l’eau rendue facilement accessible et à proximité en convertissant l’ancienne fosse à lisier en réserve d’eau, à moindre frais ;
. la surface foncière la plus proche en légère pente peut accueillir une surface de serres importante à moyen terme.
De plus, les productions expérimentées permettent de valoriser une faible surface, sont adaptées à de la main d’œuvre féminine et le choix d’activités diverses lui donne la possibilité de répartir la charge de travail sur l’année de façon équilibrée.
C’est pourquoi, en 1998, avec l’aide de son mari, elle concrétise un projet de vie : création progressive de sept serres : 1500 m2 pour des semences potagères (choux de Bruxelles, choux fleur, choux rouge), 3 600 m2 affectés à la production d’ asperges vertes primeurs ; 1, 5 ha de semences agricoles (betteraves porte graines). Cette dernière a duré quelques années, mais a du être abandonnée faute de rendements liée à une incompatibilité agronomique. En remplacement, une production de haricots tarbais a été développée. La commercialisation est réalisée sous label rouge dans un système coopératif.
Comment se situe votre exploitation sur le marché, dans votre territoire ?
Elle dénote du reste de l’activité agricole pratiquée dans la zone. Cependant, elle a été bien accueillie avec des possibilités de travail en commun sur le reste de l’activité par l’intégration d’une CUMA. De plus, les pointes de travail (ramassage d’asperges) lui demandent de faire appel à des compléments de main d’œuvre ponctuels. Elle peut compter sur de la main d’œuvre féminine disponible pour quelques heures dans la journée.
Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait construire un projet similaire.
Lorsque une activité repose essentiellement sur une la production de semences et de maraîchage, il est impératif de maîtriser la technique de production, gage de réussite économique. Il est aussi préconisé que le bâti personnel puisse se situer à proximité des serres (ce qui facilite la surveillance et limite les déplacements) et s’assurer d’un accès à une source d’eau. Il faut penser que la rémunération est différée d’un an. Il s’agit aussi de privilégier l’achat de matériel d’occasion. La dimension actuelle de l’outil de travail a été obtenue en 4 ans. Une progressivité qui lui assure aujourd’hui une rémunération tout en maintenant un niveau d’ investissement.
Agnès est toujours en quête de diversité dans ses activités. Elle s’oblige à garder un esprit d’ouverture pour rebondir sur des activités diversifiées, tout en restant disponible pour sa famille.