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Pari gagné avec un atelier de poules pondeuses reproductrices - septembre 2007
Emmanuel s’est installé en GAEC avec ses parents en 2002 sur une exploitation bovine dans le Lot. Son projet : profiter de l’opportunité de développer la production de poules pondeuses reproductrices pour devenir chef d’exploitation. Cette production, peu répandue sur le département du Lot, loin des régions de production avicole, a permis à Emmanuel de s’associer avec ses parents . En effet, dans ce secteur, la pression foncière est importante et arriver à dégager un revenu supplémentaire en augmentant le cheptel bovin était impossible.

 

-  Pourquoi et comment avez vous mis en place ce projet ?
La production avicole était déjà présente sur l’exploitation des parents. Suite à l’abandon de l’atelier d’engraissement d’agneaux, des bâtiments laissés vacants avaient permis la mise en place d’un atelier de 2000 poules pondeuses reproductrices. Mais compte tenu de l’obligation de mises aux normes des bâtiments, nous devions soit investir dans cette activité soit l’arrêter. Le couvoir recherchait des éleveurs et il m’a proposé de créer un atelier de 4500 poules. Le montant des investissements était très important et j’hésitais. Après une période de 2 ans de réflexion, d’études, d’échange avec des éleveurs, de visites d’installations, j’ai décidé de faire le pari de mettre en place un atelier de 9000 poules reproductrices. En effet, le couvoir était demandeur et souhaitait vraiment accompagner mon projet. De plus, cet élevage était compatible, au niveau du temps de travail, avec la production bovine présente sur l’exploitation.

-  Comment se situe votre exploitation sur le marché, dans votre territoire ?
La production de poules pondeuses est peu connue sur le département du Lot, nous sommes deux éleveurs aujourd’hui, nous étions six en 2002. Le couvoir vient exprès de Toulouse pour le ramassage mais cela n’a pas été perçu comme un inconvénient. On pourrait croire que cela est un handicap pour se lancer dans la création de cet atelier. Au contraire, cet isolement a été vu comme un avantage au niveau sanitaire, et le couvoir a bien voulu suivre ce projet. De plus, l’amélioration des infrastructures routières facilite énormément les approvisionnements et la proximité de l’autoroute A20 est un avantage pour mon élevage. Les équipements étant très spécialisés, cela m’oblige à aller hors du département pour trouver du matériel qui convient, à des prix concurrentiels. Ce sont des démarches supplémentaires à faire mais il ne faut pas hésiter.

-  Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait construire un projet similaire ?
Sur des productions peu connues sur le département, ne pas hésiter à prendre contact avec des éleveurs, aller voir ce qui se fait ailleurs, et ensuite, lorsque la décision est prise organiser une table ronde avec tous les partenaires (comptable, banquier, conseiller, techniciens) pour que le projet soit compris et connu de tous. Il faut également travailler en confiance avec les fournisseurs et les techniciens spécialisés. Ne pas hésiter dès que cela est possible à faire les investissements nécessaires pour sécuriser la production (alarme, sécuriser l’ambiance du bâtiment...).