Les exploitations " se professionnalisent "...
En 20 ans, Midi-Pyrénées a perdu 42 % de ses exploitations. Ceci dénote un phénomène général pour l’ensemble de l’agriculture française, qui tient à des raisons économiques mais aussi démographiques. Mais le taux de diminution dépend beaucoup de la taille des exploitations. Les exploitations qui ont le plus disparu sont les exploitations ’marginales’ au sens économique (dégageant une marge brute standard inférieure à 8 Unités de Dimension Economique [UDE].
La surface moyenne des exploitations professionnelles augmente de 18 ha entre 1988 et 2000 au niveau régional. Pour 4 départements elle est supérieure à 60 ha.
Les exploitations de plus de 100 ha ont vu leur nombre plus que doubler dans la quasi-totalité des départements. A l’opposé, Midi-Pyrénées dénombre encore plus de 40 % d’exploitations de moins de 20 ha.
... et se spécialisent
Les principales orientations technico-économiques des exploitations (O.T.E.X.) ont connu entre les trois recensements (1979, 1988, et 2000) des évolutions très fortes. Sur la période récente de 1988 à 2000, les systèmes de production ont subi les effets de la réforme de la P.A.C. et notamment l’influence du montant des aides par production.
Dans l’avenir, l’évolution des systèmes dépendra de la réglementation des droits à produire.
On voit se confirmer un " noyau dur " de l’agriculture régionale, dont la part dans le potentiel de production agricole dépasse maintenant 90 %. L’adaptation des exploitants de ce noyau dur aux nouvelles conditions économiques et réglementaires a été très rapide au cours de cette période 1988 à 2000, et a été accélérée par les phénomènes démographiques. Le mouvement en cours laisse place à seulement 30 000 exploitations ’productives’ sur le territoire régional, sur les 60 000 présentes actuellement.
L’adaptation des agriculteurs du noyau dur aux nouvelles conditions de production implique le plus souvent une spécialisation. La majorité de ces agriculteurs a adopté, face à la nouvelle PAC, une stratégie d’agrandissement qui permet de compenser la baisse des prix et la limitation administrative des productions : l’accroissement des dimensions compense la baisse du produit brut unitaire, et permet de " faire le plein " de droits à produire.
Cet agrandissement profite surtout à environ 8 000 exploitations, qui, avec 30 % de la SAU, regroupent 24 % des vaches laitières, 47 % des productions hors-sol, 43 % des surfaces de grandes cultures, 52 % des surfaces irriguées...
L’OTEX dominante en Midi-Pyrénées, en part de valeur ajoutée standard, est l’orientation Céréales et Oléoprotéagineux. Elle vient en second rang au niveau national après la région Centre. Blé dur, maïs, colza, tournesol et soja caractérisent cette orientation.
La pluriactivité, un phénomène ancien et constant
Le recours à des activités extérieures (pluriactivité) est un phénomène ancien en agriculture, qui contribue aux ajustements conjoncturels (compenser la faiblesse du revenu agricole) et structurels (contribuer au financement de l’exploitation). Ces activités extérieures peuvent concerner l’exploitant ou son ménage.
Ce phénomène est remarquablement stable dans le temps pour les chefs d’exploitations. La part des chefs pluriactifs était de 18.3 % en 1970, elle est de 19.8 % en 2000.
En fait, ce taux est très faible pour les exploitations de dimension professionnelle : 11 % en moyenne régionale. A l’opposé, 35 % à 40 % des chefs d’exploitations non professionnelles sont pluriactifs.
Dans 43 % des cas, les conjoints non coexploitants ont une activité principale à l’extérieur de l’exploitation, alors que l’activité agricole à titre principale ne concerne que 20 % des conjoints. Ces proportions sont du même ordre de grandeur que celles du niveau national.
Quant aux ménages pluriactifs, ils concernent un tiers des exploitations. Le plus courant est ceux associant un exploitant à titre principal agriculteur et un conjoint avec une activité extérieure. Les caractéristiques des exploitations de ces ménages les rapprochent des exploitations à ménage monoactif agricole, tant pour leur taille que pour l’âge du chef. En revanche, ces exploitations sont en moyenne deux fois plus importantes que celle des autres ménages pluriactifs.