Environ une exploitation sur deux a disparu entre 1970 et l’an 2000
En 2000, on estimait le nombre d’exploitations en Midi-Pyrénées à 60 200, contre 129 400 exploitations recensées lors du R.G.A. de 1970. De plus, le taux moyen de diminution qui était de 1,2 % par an entre les recensements de 1979 et 1988, s’est fortement aggravé entre 1988 et 2000 pour atteindre, en moyenne sur la période, une diminution de - 2.9 % par an du nombre des exploitations.
Cette variation s’explique principalement par l’arrivée à l’âge de la retraite des personnes nées entre 1928 et 1937 : les personnes de cette classe d’âge étaient nombreuses, et de plus leur départ a été encouragé par les mesures de pré-retraite.
La situation profite à l’agrandissement des exploitations
La superficie moyenne des exploitations de Midi-Pyrénées a fortement augmenté (+ 28 % entre 1970 et 1988, + 44 % entre 1988 et 2000), pour dépasser 39 ha en 2000. Cette forte restructuration a permis aux exploitants de plus de 50 ha de consolider leurs positions : ceux qui, parmi eux, n’ont pas pris leur retraite, ont "gagné" près de 400 000 ha en moins de 10 ans.
Cette restructuration a commencé dès la fin des années 80, mais a été accélérée par l’augmentation des départs et par le ralentissement des installations.
Une concentration accélérée qui touche à sa fin
Les observations du Recensement confirment la forte RESTRUCTURATION de l’agriculture régionale en deux groupes :
des exploitants qui peuvent s’adapter aux nouvelles conditions démographiques, économiques et réglementaires : en pratique, il s’agit des agriculteurs qui ont déclaré avoir un successeur, ET dont les entreprises ont une taille économique supérieure à un seuil minimum pour permettre leur développement. Nous appellerons ce groupe le ‘NOYAU DUR’.
les autres exploitants, c’est-à-dire ceux qui ont abandonné l’agriculture, ou sont en cours de marginalisation économique ; leurs entreprises ont une taille économique faible ou moyenne : selon leur âge, ils ont cessé d’exploiter ou ont fortement réduit leurs capacités de production.
La baisse du nombre d’exploitations affecte peu les exploitations du « noyau dur ». Elle est par contre très forte pour les exploitations du deuxième groupe.
les exploitants du « noyau dur » ne sont plus que 32 000 environ (contre 36 000 en 1988). Ceux d’entre eux qui n’ont pas disparu ont accru leurs surfaces de plus de 400 000 ha en onze ans.
Combien de temps cette concentration peut-elle durer ?
Ce rythme de concentration n’est possible qu’au prix d’une accélération de la disparition des exploitations ‘viables’. En effet, l’analyse de la pyramide des âges des actifs familiaux agricoles nous conduit à estimer que le rythme de libération de terres par départ à la retraite sera obligatoirement beaucoup plus faible dans la décennie 2000, qu’au cours des deux dernières décennies.
Nous estimons que : entre l’année 2000 et l’année 2010, les ‘hors noyau dur’ ne pourront libérer que 15 000 à 20 000 ha par an, alors que les accroissements constatés au cours des années 1990 ont été de 50 000 ha par an.
Si les modes d’organisations restent identiques, on peut donc craindre, pour la décennie 2000, une exacerbation des tensions entre producteurs, pour l’acquisition des moyens (foncier, mais aussi droits à produire), ainsi que pour l’accès aux marchés. Quelques pistes de modification de l’organisation du secteur agricole devraient être analysées :
recours accru au fermage ;
recours au travail par entreprise ;
développement des sociétés ;
simplification et spécialisation des systèmes de production.
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