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Le Revenu Agricole en 2007 dans la région : hausses et disparités
La notion de revenu est complexe. Celle de « revenu agricole » encore plus. Sans trop rentrer dans des détails techniques, l’examen de la situation de Midi-Pyrénées en 2007 montre une amélioration à court terme : c’est l’occasion d’éclairer le passé et l’avenir.

 

France : redressement en 2006-2007 après 7 ans de baisse

Les services statistiques estiment que le revenu net d’entreprise agricole par actif non salarié a progressé de 17 % en 2007. Sur la même période, le nombre d’actifs non salariés de l’agriculture a diminué de 3% environ tandis que les prix à la consommation ont augmenté d’environ 3%. Cette progression spectaculaire est due en grande partie à la forte hausse du revenu des céréaliers (+18% à +104% selon les spécialisations). Les exploitations de viticulture se redressent nettement, suivies par celles de polyculture. Parmi les éleveurs, seuls les "bovins-lait" équilibrent leurs comptes. Toutes les autres éleveurs voient leurs revenus baisser. De même pour les fruitiers tet les maraîchers.

Cette hausse est indéniable. Elle fait cependant suite à une longue période (1998-2005) durant laquelle les agriculteurs français ont connu une baisse de plus de 26% de leur revenu (moyenne France métropolitaine, en euros constants).

France entière - sur le long terme - Les réorganisations profitent aux céréales

D’une manière générale, les augmentations de production (en particulier des rendements) n’ont pas compensé la baisse des prix, et cela a entraîné une baisse du revenu global. Cependant, la diminution du nombre d’actifs dans l’agriculture ayant été plus rapide, le revenu moyen des agriculteurs restants était en passe, en 2000, de rejoindre le revenu moyen des autres catégories sociales. L’objectif de parité était sur le point d’être atteint. On pouvait écrire que les vins AOC, les volailles et les oléagineux étaient des créneaux porteurs, alors que les céréales et les gros bovins avaient vu leur chiffre d’affaires baisser de 20 % sur 30 ans, même en tenant compte des subventions. Ces évolutions, différentes selon les productions, expliquent en grande partie les évolutions régionales et départementales : spécialisation vers des produits porteurs dans les années 1990, comme la viticulture et les viandes blanches, ou vers des produits dont les marchés ont été jusqu’à présent plus difficiles à long terme, comme les céréales ou les gros bovins. Ces dernières années bousculent les hiérarchies entre secteurs de production et entre régions. Les tendances sont-elles pour autant renversées ?

Midi-Pyrénées ne suit pas l’évolution nationale

Pour la région Midi-Pyrénées, les résultats 2007 sont encore très mitigés : +2% en moyenne. Ces résultats décevants s’expliquent par :
-  une forte hausse des prix en céréales, qui favorisent les départements céréaliers : Gers (+54%), Haute-Garonne (+38%), Tarn-et-Garonne (+17%).
-  une forte baisse des prix en viande bovine et ovine, et une augmentation importante des charges pour les élevages en général. Cela a provoqué de mauvais résultats moyens pour l’Aveyron (-29%), le Lot (-23%), l’Ariège (-9%).

Mais le revenu reste inférieur à la moyenne nationale

Le revenu moyen des agriculteurs de la région reste toujours très en dessous de la moyenne française : il oscille entre 60% et 70% de cette moyenne. Le dernier niveau connu (2007) donne un score de 63 (moyenne France = 100). Mais les écarts sont importants : le Gers est très au-dessus (indice 215), le Tarn-et-Garonne et la Haute-Garonne sont un peu au-dessus de la moyenne régionale (indices autour de 70), le Lot est dans la "moyenne" régionale. Les autres départements sont à un niveau compris entre 40 et 50.

Un revenu à la traine, mais un outil économique efficace

Après une période faste (1993-1998), où les aides ont compensé la baisse de prix, la production agricole de Midi-Pyrénées (évaluée aux "prix de base", c’est-à-dire en incluant les aides liées aux produits) atteint en 2004-2006 son plus bas niveau depuis le début des années 1990. Cette baisse affecte tous les départements. La valeur ajoutée par hectare a cependant peu diminué en moyenne (- 5 % en 15 ans, en monnaie constante). Autre critère d’efficacité économique : la valeur ajoutée par actif (salarié ou non) augmente de 35 % en 15 ans, en monnaie constante. Cette augmentation connaît cependant deux phases différentes : une forte croissance entre 1991 et 2001 et un recul (de plus de 10 %) depuis 2001. Le revenu des agriculteurs dépend surtout des aides : pour la région Midi-Pyrénées, 2007 est la cinquième année où le ratio aides / revenu aura été supérieur à 100%. Le mode d’attribution de ces aides et la structure des exploitations dans la région participent au retard régional en matière de revenu.

Les différents revenus - quelques définitions

-  Le résultat agricole : Pour la série des comptes débutant en 1980, on estimait que le "revenu" c’était ce qui restait après avoir vendu les produits, encaissé les subventions, payé les approvisionnements classiques (engrais, carburants,etc.), payé les impôts et compté une somme correspondant aux amortissements ("consommation de capital fixe"). Ce solde existe toujours : c’est le "résultat agricole" (solde du compte d’exploitation). Il est plus simple à calculer, mais il ignore la différence entre salariés et non-salariés, entre exploitant et propriétaire, entre les différents propriétaires du capital.

-  Le revenu net d’entreprise : Depuis 1995, on a introduit un calcul supplémentaire, pour rapprocher le revenu calculé du revenu de l’agriculteur (celui de sa comptabilité privée) après qu’il ait payé tous les acteurs économiques avec qui il est en rapport : les salariés (salaires, charges sociales), le propriétaire foncier (charges locatives), le banquier ou le propriétaire des capitaux (intérêts). C’est le "revenu net d’entreprise" (solde du compte de revenu). A partir de 2006, suite à la réorganisation de services statistiques dans les DDA, le « résultat agricole » n’est plus publié pour les départements, et le « revenu net d’entreprise » n’est plus estimé que par rapport au revenu régional.

-  Le résultat courant avant impôt : Enfin, une autre méthode existe : les comptabilités présentées par le RICA (Réseau d’Information Comptable Agricole). Elles fournissent à l’Union Européenne une évaluation du revenu tout à fait similaire au revenu net d’entreprise : le résultat courant avant impôt. Mais le RICA n’a pas pour objet de calculer un revenu moyen, mais de comparer des exploitations professionnelles (par orientation, par région, par pays). De plus, il ne respecte pas les mêmes règles d’évaluation de stocks. Les résultats ne peuvent être publiés que 12 à 18 mois après la fin d’un exercice.

-  La valeur ajoutée brute : C’est la différence entre la valeur de la production (ventes et subventions directement liées aux produits), et les charges d’approvisionnement (engrais, carburants,etc.)



Sur le Web
Repères économiques - Chambres d’agriculture