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La passion de la pivoine - juin 2007
Après des années passées en région parisienne, Robert et Nicole ont voulu se mettre au vert pour vivre de leur passion : la pivoine. Toutes leurs économies ont été investies dans leur projet. Tout était à créer : découvrir les techniques de culture, les traitements, la multiplication, la recherche de nouvelles variétés, et... se faire connaître. Dix ans après, les voilà devenus spécialistes européens voire mondiaux de la pivoine, et toujours en quête de la pivoine bleue (une légende que l’on cherche toujours...).

 

-  Pourquoi et comment avez vous mis en place ce projet ? C’est le fruit de la nécessité et du hasard. La nécessité parce que nous en avions assez de notre mode de vie dans la région parisienne. Nous étions passionné par la pivoine en tant qu’amateurs et en cherchant les fleurs qui nous intéressaient, nous nous sommes rendus compte qu’il n’y avait qu’un spécialiste en France vers qui nous revenions constamment. D’où l’idée que peut-être, nous pouvions tenter quelque chose... Le hasard nous a donné un coup de pouce car, au bon moment, tout s’est enchaîné : une opportunité d’achat d’une nouvelle espèce de pivoines en provenance d’un des meilleurs spécialistes chinois, un coup de foudre dès la première visite pour le cadre dans lequel nous sommes aujourd’hui, dans le Sud Ouest. Nous y avons investi toutes nos économies sans soutien de quiconque. Tout était à découvrir, à inventer, à créer, des techniques de cultures, aux soins aux plantes, à la recherche de variétés nouvelles, sans oublier qu’il faut également commercialiser pour vivre, donc se faire connaître. C’est un engagement de tous les instants.

-  Comment se situe votre exploitation sur le marché, dans votre territoire ? Nous sommes sur un marché de spécialiste, une niche et notre marché est européen. Il faut 10 ans pour être reconnu. Récemment une revue anglaise botanique a fait un reportage sur nos pivoines. Des botanistes échangent du matériel végétal avec nous, des clients publics (jardins nationaux) s’adressent à nous. Il est obligatoire de participer à des foires spécialisées comme la foire de Cournon. Cela représente des investissements importants mais une présence régulière assure notre publicité. Aussi pour durer, il faut pouvoir apporter quelque chose de nouveau. La pivoine met jusqu’à sept ans pour fleurir. C’est très long. Nous nous imposons une constante curiosité pour être toujours à l’affût des nouveautés en particulier en Asie d’où est originaire cette plante. La recherche est constante, mais localement nous avons aussi un marché satisfaisant. Les journées portes ouvertes que nous avons organisées ont rencontré un succès incroyable.

-  Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait construire un projet similaire ? Il faut de la passion, énormément de passion. Notre revenu n’est pas du niveau de celui que nous avions auparavant mais après 10 ans, on peut espérer vivre correctement de notre activité. En même temps, il faut garder les yeux ouverts sur le monde : suivre les nouveautés, les évolutions, rechercher la fleur exceptionnelle au fin fond de la Chine. Le marché des plantes ornementales est très concurrentiel avec des « petits » comme nous qui travaillent par passion avec les moyens du bord, et de gros opérateurs aux moyens sans commune mesure. Il faut avoir toujours un temps d’avance sur eux et ne pas se faire piller ! Il ne faut pas tomber dans la routine ni s’endormir sur ses lauriers.